Assurance emprunteur : banques et assureurs mettent la pression

Assurance de prêt immobilier

Le gouvernement a pris la décision le 6 octobre dernier de procéder à l’ouverture totale du marché de l’assurance emprunteur. Ce dispositif est prévu pour le début de l’année 2018 et il ne fait pas l’unanimité auprès des banques.

La possibilité de résilier des assurances de prêt à tout moment ne rassure pas les banques. De ce fait elles souhaitent contester cette décision qui pourrait entraîner une forte concurrence sur le marché. Petit à petit elles arrivent à gagner du temps puisque leur droit de contester cette décision juridique vient d’être approuvé par le Conseil d’Etat. Il est vrai que l’ouverture de ce marché permettra aux emprunteurs de changer d’assurance de prêt immobilier chaque année, cela représente trop de contraintes pour les banques. Le Conseil constitutionnel a donc un délai de trois mois pour trancher et donner son verdict aux banques.

Attention au risque de démutualisation

Cette réforme pourrait s’appliquer sur toutes les offres de crédit faites depuis le 22 février 2017. Les emprunteurs concernés pourront donc faire jouer la concurrence en 2018  en prenant une autre assurance de prêt avec un taux plus intéressant. Le projet de loi prévoit notamment de résilier les contrats d’assurance de prêt existants. Une mesure qui inquiète de plus en plus les banques puisqu’elles veulent aujourd’hui revenir sur les pas de la loi Hamon en 2014. En effet, cette dernière permettait aux emprunteurs de changer d’assurance emprunteur dans les douze mois suivant l’obtention du crédit immobilier.

Si la contestation des banques n’a aucun impact sur la décision du Conseil constitutionnel, elles risquent de perdre du terrain sur un marché pourtant très lucratif pour ces dernières. L’ouverture complète de ce marché va amplifier les assurances de prêt pour les personnes les plus fragiles tels que les seniors, les individus ayant un salaire bas ou ceux ayant un mauvais état de santé. Ce système favorise la démutualisation des contrats de groupe effectués par les établissements de crédits. C’est un risque que prend le gouvernement en acceptant la réforme,  la mutualisation permettait aux jeunes riches en bonne santé de payer plus dans la part de risque de leurs contrats pour subventionner les personnes plus fragiles.

Un accès au crédit plus restreint pour les moins aisés

Plus le marché de l’assurance emprunteur s’ouvrira, plus les organismes distributeurs de ces assurances se détacheront du modèle et choisiront d’adapter à leur façon les primes d’assurances selon le profil de l’emprunteur. Si les emprunteurs peuvent changer tous les ans leur assurance de prêt, dans les contrats de groupe il ne restera que les personnes ayant un profil moins intéressant pour les assureurs individuels. Tous les contrats de groupe vont être chamboulés, les établissements financiers vont devoir différencier leurs contrats et leurs tarifs. Cela conduira certainement à une hausse des prix et rendra l’accès au crédit difficile pour les personnes les plus fragiles financièrement.

Le journaliste

Edouard G.
Journaliste en herbe et passionné d'actualité économique, je prends du plaisir à partager ma veille en rédigeant des articles en rapport avec l'actualité.