La résistance accrue des bactéries aux antibiotiques : que cache cette préoccupation sanitaire actuelle ?

Les risques de la résistance aux antibiotiques

Il est vrai que la découverte des antibiotiques a bien évidemment freiné l’expansion meurtrière des infections microbiennes et virales depuis de nombreuses dizaines d’années. Mais son usage abusif dans l’alimentation et la santé humaine n’a visiblement eu qu’un effet contraire sur ces microbes et organismes vivants. Une situation qui nourrit de plus en plus de polémiques et de réflexions que nous allons essayer de clarifier dans la suite de cet article.

Comment s’opère la résistance aux antibiotiques ?

Depuis plusieurs décennies déjà, il faut souligner que des tests de pharmacorésistances avaient eu à faire état d’une immunisation contre les antibiotiques au fil du temps. Il est ici question des virus, bactéries et insectes ravageurs ou porteurs de maladies. C’est en jouissant des mécanismes de défense ou d’adaptation que certains micro-organismes ont développé une résistance naturelle. Par ailleurs, d’autres microbes ont acquis leurs résistances aux antibiotiques grâce à une mutation génétique du système immunitaire caractérisée par :

  • soit un renforcement sélectif des cellules perméables aux biocides contenus dans les antibiotiques
  • soit la sécrétion d’une enzyme destructrice de biocide
  • soit un échange horizontal entre bactéries de gène de résistance
  • ou encore une sporulation du micro-organisme qui est une forme d’hibernation.

Il faut aussi ajouter qu’il existe certaines bactéries naturellement résistantes à certaines familles d’antibiotiques grâce à leur patrimoine. Ces bactéries se chargent alors de transmettre la résistance à leur descendance et on parle dans ce cas de résistance naturelle.

Tout ceci constitue une véritable menace pour la santé humaine, car cela remet en question tout le procédé de traitement des infections. Ce qui risque de replonger l’humanité à ses heures sombres de vulnérabilité aux infections. Des tests de pharmacorésistance ont permis de déterminer les divers niveaux d’auto-résistance bactériens que l’on distingue grâce à leur degré de résistance aux antibiotiques. À cet effet, on distingue :

  • les BMR ou bactéries multirésistantes
  • les BHR ou bactéries hautement résistantes
  • les BUR ou bactéries ultras-résistantes
  • les BPR ou bactéries pan résistantes
  • les BTR ou bactéries toto résistantes

Certains patients de maladies génétiques, comme l’amyotrophie spinale, ont une propension à générer une auto résistance aux antibiotiques encore plus élevée.

Les enjeux

La situation qui prévaut actuellement dans les services hospitaliers des pays industrialisés est très alarmante. En effet, le risque de ravage probable d’un microbe ou d’un insecte dont la cellule souche a développé une multi résistance aux antibiotiques et insecticides est très grand. Aussi, notons qu’il a été prouvé que plus la dose d’antibiotique est concentrée ou diversifiée, plus les microbes et organismes vivants multiplient la résistance. Les stratégies adoptées pour freiner cela sont spécifiques à chaque pays. Ainsi, des stratégies consistant à réguler ou à limiter la prescription des antibiotiques lors du traitement au profit de molécules synthétisées sont adoptées ou sur le point de l’être comme en France.

Soulignons que d’après une étude réalisée à base de données sanitaire des années 2014 et 2016 a mis en exergue une augmentation des séjours à l’hôpital. Et ce particulièrement pour des cas d’infections et surinfections cutanées par des bactéries résistantes aux traitements. Outre donc les stratégies visant la baisse de 25 % de la consommation d’antibiotiques d’ici 2020, de nombreuses de prévention seront également lancées. L’objectif étant de sensibiliser contre une surconsommation d’antibiotiques.

Le journaliste

Laurent Peruzzi
Auteur et journaliste sur une multitude de sujets, j'essaie à chaque billet de vous partager mes réflexions basées sur l'actualité. Mes pensées n'engagent que moi !

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